Une œuvre symboliste

Du point de vue pictural, on peut situer cette œuvre engagée dans le contexte d’une peinture militante qui se développe au tournant du siècle. Sans remonter à Courbet (Les casseurs de pierres, 1849) ou à Lacoste (Premier travail après l’insurrection, 1850), on peut évoquer Signac (Les Démolisseurs, 1897), Steinlein (Le carrier, au musée de Montreuil), Adrien Roll, Jules Adler (Une manifestation, 1900) ou, dans une veine plus réaliste et lyrique, l’œuvre imposante (2,55 m par 4,38) de Giuseppe Pelizza de Volpedo, (18681907), Il quarto stato, conservé au musée de la Brera à Milan.
La forme du triptyque était à la mode : on peut citer « Les âges de l’ouvrier », du peintre belge Paul Frédéric, tableau peint en 18951897 conservé aujourd’hui à Orsay, et surtout l’envoi de Rome réalisé en 1903 par Laparra lui-même, envoyé par l’État au musée des Beaux-Arts de Nantes, « Job ».
Cette peinture qui « parle », qui exprime, voire exagère les postures et les sentiments, qui proclame de nobles sentiments et où tout est symbole, est bien sûr à mettre en rapport avec une expression artistique contemporaine bien différente. 1905, c’est le début de la période rose de Picasso, c’est le fauvisme : Derain, Matisse, Marquet, Camoin, Braque, Dufy, Vlaminck, Seurat.
Tout est symbole dans cette œuvre dont chaque détail, chaque attitude, signifie une idée. Il faut reconnaître que toutes les intentions de l’auteur n’ont pas encore été découvertes et que de nouvelles interprétations sont espérées.