Structure

Les trois parties sont formées de toiles distinctes qui se lisent en continuité (les horizons correspondent, et certains personnages chevauchent d’une scène à l’autre), de la nuit du Moyen Age obscurantiste vers la pleine lumière des temps à venir, mais le personnage de Jacques Bonhomme se retrouve dans les trois scènes : à gauche, vieillard farouche armé d’une faux, à droite, à l’âge adulte, pardonnant à un roi à genoux devant lui, et, en haut du panneau central, jeune homme dressé en haut d’une montagne, regardant se lever la lumière de la vérité et de l’amour. Aux trois âges de la vie correspondent le passé, le présent et l’avenir.

Une autre interprétation existe pour le premier panneau : Jacques Bonhomme ne serait pas le vieillard armé d’une faux, mais le petit bébé sans défense placé sur les genoux de sa mère. On trouverait ainsi une progression chronologique dans les étapes de sa vie : enfance-adolescence-âge adulte. Cette identification se heurte évidemment au fait que, dans l’histoire, Jacques Bonhomme est bien le héros actif, adulte ou vieillard, des « jacqueries » qui sont le sujet du panneau et que le résumé placé par Laparra lui-même sur la reproduction du triptyque appelle bien « Jacques Bonhomme », le personnage « las de souffrir » qui « se dresse au milieu des ruines sur la glèbe dévastée ». Peut-on tenter de concilier les deux identifications, en supposant que Jacques Bonhomme, ressuscitant à chaque période, est le vieillard du premier panneau, mais aussi le bébé (son fils ou plutôt petit-fils ?), puis l’adolescent, puis l’adulte ? Cela pourrait risquer d’introduire dans la philosophie sous-jacente de l’œuvre une notion de cycle, d’éternel recommencement, qui n’existe probablement pas dans sa linéarité progressiste.