William Laparra

Biographie du peintre

William Julien Emile Edouard Laparra

La famille

William Julien Émile Édouard Laparra naît le 25 novembre 1873 à Bordeaux dans une famille riche et cultivée. Son père, Joseph Édouard, surnommé « le Seigneur », est un gros importateur d’épices et sa mère Marguerite Élodie Mollo (18431910), la « Mamma », descend de fondeurs de cloches piémontais. Les Laparra sont originaires du Cantal, le père d’Édouard étant maire d’Omps, et entretiennent une légende familiale selon laquelle leurs aïeux seraient espagnols : un ancêtre, ingénieur du roi, émule de Vauban, aurait été fait chevalier de Saint-Louis par Louis XIV et aurait émigré en France. Louis de Laparra de Fieux (Arpajon, 1651-Barcelone, 1706) a bien été ingénieur militaire, mais il n’était nullement espagnol, étant originaire d’une vielle famille noble des confins de la Haute-Auvergne et du Rouergue. Quant aux ancêtres de William Laparra, ils semblent originaires depuis au moins la fin du 16e siècle de Saint-Cernin et de Freix-Anglars. Il est amusant de constater qu’ils cousinent avec Marie Laparra, l’arrière-grand-mère maternelle de Jean Eugène Bois, le beau-père de Jean Jaurès.
William a quatre frères et deux sœurs :
– Émile (18681928), avocat à Bordeaux, franc-maçon, président des Auvergnats de Bordeaux et animateur d’un grand nombre d’associations culturelles et philanthropiques ;
Raoul (18761943), compositeur de musique, grand prix de Rome en 1903, auteur d’opéra (La Habanera, 1908, La Jota, 1911, L’illustre Fregona, 1929), très influencé par la musique espagnole ;
Édouard (18771951), violon solo au concert Colonne ;
Daniel (18791954) médecin à Bussang (Vosges) puis à Biarritz ;
Marguerite (18831946) a épousé un notaire de Limoges, Me Jean Marie Martial Coiffe ;
Marie-Louise (18851940), malade, restée célibataire.

Il épouse le 27 décembre 1902 à Paris (8e) Wanda Landowska (Paris, 12 août 1879-Paris, 26 mai 1904), musicienne, entrant ainsi dans toute une famille d’artistes : il l’a connu par son frère Paul Landowski (18751961), son camarade à Rome, qui sera parmi les sculpteurs les plus célèbres du 20e siècle 

Wanda Landowska-Laparra, meurt hélas en couches, avec l’enfant qu’elle attendait, le 26 mai 1904 à Paris. William Laparra en gardera toute sa vie une plaie cruelle et une humeur sombre qui transparaît à l’évidence dans le triptyque qu’il peint l’année suivante.
Celui-ci se remarie le 14 septembre 1908 à Saint-Jean-de-Luz avec Fanny Céline Bertrand, née le 22 avril 1889 à Paris, 6e, fille du grand savant Marcel Alexandre Bertrand (18471907), professeur de géologie à l’École des Mines, théoricien de la tectonique et grand spécialiste de la formation des Alpes.
Leur fils Jacques Olivier, né à Paris en 1910, mourra à 30 ans en 1940.
William Laparra meurt brutalement dans la vallée de Hecho (Haut-Aragon) le 5 septembre 1920. On parle d’intoxication alimentaire, sans exclure qu’il se soit laissé mourir. Son corps n’est rapatrié à Bordeaux que 6 ans après.

 

     

  

Vie et œuvre

Après de bonnes études au lycée de Bordeaux, il entre à l’école de dessin. Ses succès lui gagnent une bourse municipale pour « monter » à Paris en 1892, afin de préparer à l’Académie Jullian le concours d’entrée de l’École nationale des Beaux-Arts, qu’il intègre en 1893. Il est élève de Tony Robert-Fleury, de Jules Lefebvre, son maître préféré, qui est témoin à son mariage, et de William Bouguereau. Dès 1897, il découvre l’Espagne avec son frère Raoul et les paysages, les hommes et l’art de ce pays qu’ils croient être celui de leurs ancêtres, les marquent très profondément. Après trois tentatives et son service militaire, il obtient , avec La Piscine de Bethsaïda, le deuxième Premier grand Prix de Rome en 1898, ce qui lui ouvre pour 3 ans les portes de l’Académie de France à Rome (18991902).
Son dernier envoi de Rome en 1901 est un triptyque, Job et ses ami (dépôt de l’État au musée des Beaux-Arts de Nantes), qui montre la forte influence de la peinture espagnole du 17e siècle sur son inspiration.

     

Commentaire de Williman Laparra sur le triptyque de Jacques Bonhomme.